Mardi 27 mai 2008
Article extrait de Leparisien.fr

L'ex-directeur général du câblo-opérateur Noos et son prédécesseur américain répondaient hier à Meaux des pratiques de leurs commerciaux de 2005 à 2007.

AMBIANCE électrique, hier après-midi, devant la 3e chambre correctionnelle du tribunal corre tionnel de Meaux. Les clients, qui souvent ne parvenaient pas à toucher un interlocuteur chez Noos, l'ancien nom de Numericable, depuis des mois pour régler leur litige, ont pu entendre les explications des deux responsables successifs : l'Américain Jack Mikaloff, directeur général délégué d'UPC France (l'ancien nom de Noos) à partir du 18 février 2005, et Philippe Besnier, directeur général de Noos dès le 29 juillet 2006. Ce distributeur d'un grand nombre de chaînes de télévision par câble et de l'accès à Internet avait mobilisé trois avocats pour défendre sa cause.

Sans compter les efforts appuyés d'Antoine Boulay, conseiller en communication de Noos, qui s'évertuait à faire passer un message relativisant la responsabilité des dirigeants de Noos.

Le président de l'Association des déçus du câble craque

Le substitut du procureur de la République a rappelé que « le câblo opérateur se trouvait sous la surveillance de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes à la suite de nombreuses plaintes durant le second semestre 2006 ». La défense de la société, qui s'appelle aujourd'hui Numericable et qui enregistre un chiffre d'affaires annuel de 1 milliard d'euros, avait basé son argumentation sur le fait que « les griefs opposés à Noos n'étaient que des erreurs et non des actes délibérés ». Publicité mensongère, vente forcée, tromperie sur la nature d'une prestation, démarchage sans contrat, abus de faiblesse... Un palmarès pourtant éloquent.

Jack Mikaloff déclare d'emblée ne pas parler unmot de français. « Comment peut-on confier le contrôle de la conformité de la publicité à quelqu'un qui ne parle pas le français ? » s'offusque un avocat de la partie civile. 15 h 35 : Marcel Lacour, président de l'Association des déçus du câble, craque. « Vous avez escroqué des gens et maintenant vous vous moquez d'eux », hurle-t-il à l'adresse des prévenus. La présidente lui demande de sortir. Les avocats soutiennent que, sur 65 905 abonnements souscrits dans ces moments-là, on a comptabilisé 1 325 résiliations et 5 problèmes, soit 0,4 % de dysfonctionnements. Marcel Lacour affirme, lui, que « 4 000 plaintes ont été déposées dans toute la France dont 1 200 au parquet de Meaux ». Le conseiller en communication ne se contient plus. « Où sont les 4 000 plaignants ? Il y a acharnement de la part de la partie civile qui en fait une cause. C'est disproportionné ! On ne dit pas qu'il n'y a pas de problèmes. On dit qu'il n'y a jamais eu d'intention de nuire et que tout ceci ne relève pas du pénalmais du civil. » Ce que Philippe Besnier traduit par : « Il n'y a pas eu de publicité mensongère, mais des problèmes d'organisation. »

Le parquet a requis 180 000 € d'amende plus les contraventions à l'encontre de la société Noos. La substitute du procureur a tenu à répondre à la défense en précisant que cette somme ne représentait que 0,018 % du chiffre d'affaires. Les plaidoiries devaient encore se prolonger tard hier dans la soirée.

par Ludo publié dans : Actualité
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Retour à la page d'accueil

Images aléatoires

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Recherche

Blog : Actualité sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus