Le câble va-t-il si mal ?
Article paru sur Le Web de l'Humanité
Trois questions à Sylvie Mervant, déléguée SNRT-CGT national.
Que pensez-vous du plan de licenciement présenté par la direction de UPC/Noos ?
Sylvie Mervant. Aujourd’hui, la nouvelle direction présente comme un projet industriel un plan de licenciement de plus de 800 salariés. Cette opération, et d’autres mesures prises depuis, est menée pour externaliser une activité qui fonctionne bien aujourd’hui. Les délocalisations en Tunisie et en Roumanie permettraient aux actionnaires de multiplier leurs dividendes. Et tant pis si pour cela il faut transformer des centaines de salariés en chômeurs. Quant au reste des activités techniques, elles resteraient en France. Mais pour atterrir dans l’escarcelle de sous-traitants.
Pourquoi dit-on que le câble se porte mal ?
Sylvie Mervant. La question à poser est celle-ci : pourquoi le câble se porte mal aujourd’hui et pourquoi on externalise les activités ? Car on ne supprime pas de postes. Ça a l’air d’être une évidence que le câble se porte mal. Mais c’est faux. Le câble se porte bien au contraire et rapporte même de l’argent. C’est seulement que les actionnaires s’en mettent plein les poches au détriment des salariés. Et pour cela les directions n’hésitent pas à externaliser, à payer moins cher en ayant moins de charges salariales. D’autre part, les dirigeants de Noos n’ont présenté aucun plan de financement pour permettre de voir où allait l’argent. Noos n’est pas dans une situation financière et économique grave. Rien donc ne justifie des licenciements. Et pourtant Noos fait croire à des difficultés. La société laisse planer le doute que le câble n’est pas rentable. Si c’est vrai que le câble va mal, la constatation est faite que financièrement il va bien. Il va mal à cause de ce qu’on en fait.
Et quel est réellement la situation chez UPC/Noos par exemple ?
Sylvie Mervant. En deux ans, le comportement de la direction de UPC/Noos laisse apparaître des résultats. Il n’est plus possible pour les salariés d’avoir des reclassements. Le nombre de procès intentés par des salariés licenciés abusivement se multiplie. Des services entiers indispensables à la bonne marche de l’entreprise sont fermés. Cela génère un grand mécontentement des clients tant au point de vue technique que de l’accueil clientèle. Sans oublier les tromperies opérées vis-à-vis des collectivités locales. Une situation due essentiellement du fait des actionnaires. Et pas du fait du câble.